Fleurs, feuillages pourpres, jeunes pousses dorées ou rameaux rouges : un arbuste coloré ne donne le résultat attendu que si son emplacement et sa plantation sont adaptés. Voici comment choisir, installer et accompagner vos arbustes pour les voir s’établir durablement.
Par La rédaction de Repères•
Mis à jour le •10 min de lecture
Haie dense couverte de fleurs roses, rouges et orange devant une pelouse verte sous ciel bleu
Un arbuste coloré acheté en pépinière paraît souvent facile à installer : il est déjà feuillu, parfois couvert de fleurs, et sa silhouette donne tout de suite du relief au jardin. Pourtant, un mauvais emplacement, un trou trop profond ou des arrosages irréguliers peuvent suffire à faire pâlir le feuillage, limiter la floraison ou ralentir durablement la reprise.
La bonne méthode commence donc avant le coup de bêche. La couleur recherchée peut venir des fleurs, mais aussi des feuilles, des jeunes pousses ou des rameaux d’hiver. Pour qu’elle dure, l’arbuste doit recevoir la lumière, l’humidité et l’espace dont son espèce a besoin. Une plantation soignée lui évite aussi de rester dépendant de vous plus longtemps que nécessaire.
La couleur durable se choisit selon le jardin, pas seulement en pépinière
Avant d’acheter, observez l’emplacement à différentes heures. Un mur clair peut renvoyer beaucoup de chaleur. À l’inverse, le pied d’un grand arbre reste ombragé et subit la concurrence de ses racines. Notez aussi si le sol garde l’eau après une pluie ou s’il sèche très vite en été.
Trois caractéristiques doivent guider votre choix :
L’exposition réelle. Le plein soleil convient à de nombreux feuillages pourpres ou dorés et à une grande partie des arbustes à fleurs estivales. La mi-ombre convient mieux à certains hortensias et à des feuillages qui brûlent sous un soleil très chaud.
La nature du sol. Une terre argileuse conserve l’eau mais peut s’asphyxier en hiver. Une terre sableuse se réchauffe vite et draine bien, mais demande davantage de surveillance en été. Un sol très calcaire ne convient pas à tous les végétaux.
Les dimensions à maturité. Regardez la hauteur et l’envergure indiquées sur l’étiquette. Un arbuste de petit format à l’achat peut largement dépasser une bordure en quelques années. Laissez-lui sa largeur future plutôt que de prévoir des tailles sévères répétées.
La rusticité indiquée par le producteur mérite aussi votre attention. Elle doit être compatible avec les gelées habituelles de votre région et avec votre microclimat : un jardin urbain abrité, un terrain exposé au vent ou une cuvette froide ne posent pas les mêmes contraintes.
Effet coloré recherché
Exposition souvent adaptée
Sol généralement apprécié
Arbustes à envisager
Floraison printanière rose, blanche ou rouge
Soleil doux à mi-ombre selon l’espèce
Ordinaire, souple et drainé
Weigélia, deutzia, spirée
Fleurs de fin d’été
Soleil, emplacement abrité si climat froid
Ordinaire à fertile, drainé
Althéa, abélia, potentille
Feuillage pourpre ou doré
Soleil à mi-ombre
Ordinaire, sans eau stagnante
Physocarpe, berbéris, sureau pourpre
Rameaux décoratifs en hiver
Soleil à mi-ombre
Frais mais drainé
Cornouiller à bois coloré
Grandes fleurs en zone peu brûlante
Mi-ombre lumineuse
Frais, humifère, adapté à la variété
Hortensia
Ces exemples servent de repères. Les exigences peuvent changer d’un cultivar à l’autre. Lisez donc l’étiquette complète, notamment l’exposition, le type de sol et le développement annoncé. Pour un althéa, lisez aussi notre guide pour planter un hibiscus et l’entretenir : cet arbuste est apprécié pour sa floraison tardive, mais il a besoin de lumière et d’un sol qui ne reste pas gorgé d’eau.
Un sol aéré et drainant favorise la reprise des racines
Ne creusez pas le trou le jour même sans examiner la terre. Une plantation réussie dépend davantage de la structure du sol autour des racines que de la quantité de terreau versée au fond. L’eau doit pouvoir pénétrer, mais aussi s’évacuer sans former une poche humide.
Commencez par désherber largement la zone. Retirez les racines de vivaces très concurrentes, les gros cailloux et les déchets. Ameublissez ensuite la terre sur une surface plus vaste que le seul trou de plantation. Les jeunes racines pourront ainsi sortir de la motte sans rencontrer une paroi compacte.
Les gestes de base détaillés dans notre guide de préparation du sol avant les plantations restent utiles pour un massif d’arbustes : retirer les indésirables, décompacter sans bouleverser la terre et observer sa texture. Adaptez toutefois les apports à l’arbuste choisi. Une terre destinée à un potager n’a pas forcément les mêmes besoins qu’un végétal de terre acide ou qu’un arbuste sobre.
Sur une terre lourde, incorporez de la matière organique bien décomposée en surface et ameublissez les bords du trou. Si l’eau stagne durablement, plantez plutôt sur une butte ou un léger relief. Mettre une couche de graviers au fond d’un trou dans un sol argileux ne règle pas toujours le problème : l’eau peut s’accumuler au-dessus de cette couche. Il faut améliorer le drainage de la zone ou choisir une espèce mieux adaptée.
Sur une terre très légère, un compost mûr ou un amendement organique adapté aide à retenir un peu d’humidité. N’ajoutez pas d’engrais concentré dans le trou : des racines fraîchement installées n’en ont pas besoin et peuvent être fragilisées par un excès de sels.
Plantez la motte à la bonne profondeur en six gestes
La plantation se fait généralement à l’automne, lorsque la terre reste encore assez douce et que les pluies facilitent l’installation. Le printemps est une bonne solution dans les régions aux hivers marqués, pour les espèces sensibles au froid ou lorsque le sol est longtemps humide en hiver. Évitez toute plantation en sol gelé, détrempé ou durant un épisode de forte chaleur.
Pour un arbuste en conteneur, procédez ainsi :
Hydratez la motte. Placez le pot dans un récipient d’eau ou arrosez-le abondamment jusqu’à ce que la motte soit humidifiée. Une motte sèche repousse l’eau et se réhydrate mal une fois enterrée.
Creusez large. Prévoyez un trou d’environ deux à trois fois la largeur de la motte. La profondeur doit permettre de replacer le haut de la motte au niveau du sol final.
Dépotez avec précaution. Soutenez la motte, sans tirer sur les branches. Si les racines forment un chignon dense contre le pot, desserrez doucement celles de la périphérie pour les orienter vers l’extérieur.
Positionnez l’arbuste. Tournez son côté le plus esthétique vers l’allée ou la terrasse. Vérifiez le niveau avant de reboucher : le collet, c’est-à-dire la zone de transition entre tiges et racines, ne doit pas être enterré.
Rebouchez et tassez légèrement. Utilisez la terre extraite améliorée si nécessaire. Comblez les vides avec les doigts ou le pied, sans comprimer fortement la terre.
Arrosez lentement et copieusement. Formez une légère cuvette autour du pied afin que l’eau atteigne la motte au lieu de ruisseler. Cette eau met la terre en contact avec les racines.
Pour un arbuste vendu à racines nues, plantez pendant sa période de repos végétatif, selon les indications du vendeur. Ne laissez jamais les racines exposées au vent ou au soleil. Écartez-les naturellement au fond du trou et vérifiez les consignes propres aux sujets greffés, dont le point de greffe doit souvent rester au-dessus du sol.
Si le sujet est haut, implanté dans un lieu venteux ou doté d’une petite motte par rapport à sa ramure, un tuteur peut être utile. Installez-le avant ou pendant la plantation pour ne pas transpercer les racines ensuite. Attachez sans étrangler et retirez le dispositif dès que l’arbuste tient seul.
Les deux premières saisons décident de l’installation de l’arbuste
Un arbuste nouvellement planté ne possède pas encore un réseau de racines assez vaste pour chercher l’eau loin de sa motte. Même une espèce réputée résistante à la sécheresse a besoin d’un suivi pendant son installation.
Arrosez au pied, lentement, afin que l’eau pénètre en profondeur. Contrôlez l’humidité sous la surface, près de la motte : une terre sèche en surface peut rester humide plus bas, tandis qu’un sol léger peut sécher rapidement. Augmentez les apports lors de périodes chaudes, venteuses et sans pluie ; réduisez-les si le sol reste lourd et humide. L’objectif est une terre fraîche, non détrempée.
Ajoutez ensuite un paillage organique, comme des feuilles mortes broyées, du broyat de branches bien décomposé ou un paillis du commerce adapté. Une couche indicative de cinq à huit centimètres limite l’évaporation, freine les herbes concurrentes et protège le sol des variations de température. Laissez toujours un anneau dégagé autour des tiges : un paillage en contact permanent avec le collet maintient une humidité défavorable.
Gardez au moins la zone autour du pied sans gazon dense. Le gazon concurrence fortement un jeune arbuste pour l’eau et les nutriments. Renouvelez le paillage lorsqu’il se décompose et retirez les adventices à la main avant qu’elles ne s’installent.
Un apport d’engrais n’est pas systématique la première année. Si votre sol est pauvre, utilisez au besoin un produit adapté au type d’arbuste et respectez son étiquette. Pour les plantes sensibles au calcaire, ne cherchez pas à modifier brutalement le sol : choisissez d’abord une variété compatible ou demandez conseil à une pépinière locale.
Taillez au bon moment pour conserver fleurs, feuillage et rameaux
La première année, limitez la taille aux branches cassées, mortes ou mal placées. L’arbuste a surtout besoin de fabriquer des racines. Une taille de formation légère peut s’envisager pour corriger une silhouette déséquilibrée, mais ne rabattez pas un sujet fraîchement planté sans raison précise.
La règle principale est simple : identifiez sur quel bois l’arbuste fleurit.
Les arbustes qui fleurissent tôt au printemps sur le bois formé l’année précédente, tels que beaucoup de weigélias ou de forsythias, se taillent juste après la floraison. Une taille hivernale peut enlever les boutons déjà préparés.
Les arbustes qui fleurissent en été sur les pousses de l’année supportent souvent une taille de fin d’hiver ou de tout début de printemps. Vérifiez toutefois l’espèce et le cultivar avant d’agir.
Les arbustes choisis pour leurs rameaux colorés, comme certains cornouillers, gagnent en éclat quand les vieilles branches sont renouvelées progressivement. La méthode et l’intensité varient selon la variété.
Les feuillages pourpres ou dorés demandent surtout une taille destinée à aérer la ramure, supprimer le bois abîmé et maintenir des proportions adaptées au massif.
Évitez les tailles au carré répétées sur un arbuste à floraison libre. Elles peuvent densifier l’extérieur, dégarnir le centre et réduire les fleurs. Préférez la suppression de quelques vieilles branches à leur base, avec un outil propre et bien affûté.
Des feuilles ternes ou une floraison absente signalent souvent un problème de culture
Un arbuste coloré peut changer d’aspect sans être condamné. Observez d’abord les conditions de culture avant de multiplier les produits. Un feuillage moins coloré peut traduire un manque de lumière, surtout chez les variétés pourpres ou dorées. Des feuilles molles et pendantes peuvent correspondre à une motte trop sèche, mais aussi à des racines qui souffrent d’un excès d’eau : vérifiez l’humidité du sol avant d’arroser davantage.
Une floraison faible peut avoir plusieurs causes : sujet encore jeune, taille réalisée au mauvais moment, exposition insuffisante, gel tardif sur les boutons ou excès d’azote qui favorise les feuilles. Un arbuste planté depuis peu peut aussi consacrer l’essentiel de son énergie aux racines pendant une ou deux saisons.
Sur les hortensias et d’autres plantes exigeantes, un jaunissement entre les nervures peut être lié à une inadéquation entre le sol et les besoins de la variété. Ne corrigez pas au hasard avec des produits acidifiants ou fertilisants. Identifiez l’espèce, examinez le sol et demandez conseil à un pépiniériste ou à un jardinier professionnel si le problème persiste.
Que faire maintenant pour créer un massif coloré qui dure
Commencez par dessiner votre massif à l’échelle, même sommairement. Reportez les largeurs adultes plutôt que les dimensions des pots. Placez les arbustes les plus hauts en fond de scène ou au centre d’un massif visible de tous côtés, puis prévoyez les plantes basses et les circulations.
Avant l’achat, vérifiez ces cinq points sur l’étiquette de chaque arbuste :
son exposition recommandée ;
sa hauteur et sa largeur à maturité ;
son besoin en sol frais, drainé, acide ou calcaire ;
sa période de floraison ou d’intérêt décoratif ;
sa rusticité et sa méthode de taille.
Achetez de préférence des sujets dont le feuillage est sain, dont les branches ne sont pas cassées et dont la motte n’est ni desséchée ni saturée d’eau. À la maison, plantez sans tarder. Si vous devez attendre, gardez le pot dehors dans un emplacement abrité, arrosez la motte si elle sèche et ne le laissez pas plusieurs jours en plein soleil sans surveillance.
Enfin, retenez une priorité : plantez correctement, arrosez avec régularité au début et observez avant d’intervenir. C’est cette attention pendant l’installation, bien plus qu’une succession de traitements, qui permettra à vos arbustes de garder des couleurs nettes et une floraison généreuse au fil des saisons.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure période pour planter des arbustes colorés ?
L’automne est souvent favorable, car le sol conserve encore de la chaleur et les pluies aident les racines à s’installer. Le printemps convient aussi, notamment dans les régions aux hivers rigoureux ou pour des arbustes sensibles au froid. Évitez surtout le gel, les sols saturés d’eau et les périodes de forte chaleur.
Peut-on planter un arbuste coloré en été ?
C’est possible si l’arbuste est vendu en conteneur, mais la reprise demande une surveillance plus soutenue. Plantez par temps couvert ou en fin de journée, hydratez bien la motte et contrôlez régulièrement l’humidité du sol. En cas de canicule ou de restrictions d’eau, mieux vaut reporter l’achat et la plantation.
À quelle distance planter deux arbustes colorés ?
Basez-vous sur leur largeur à maturité, indiquée sur l’étiquette ou la fiche de culture, et non sur la taille du pot. Laissez suffisamment de place pour que les ramures se développent sans se chevaucher trop vite. Pour un effet de haie ou de masse, le choix de l’espèce et l’entretien prévu modifient cet espacement.
Pourquoi mon arbuste à feuillage pourpre devient-il vert ?
Un manque de soleil explique souvent une couleur moins intense chez les variétés à feuillage pourpre, doré ou panaché. Certaines plantes produisent aussi des pousses plus vertes, parfois plus vigoureuses, qu’il est préférable de retirer si elles ne correspondent pas à la variété. Vérifiez également que l’arbuste n’est pas en situation de stress hydrique prolongé.
Faut-il mettre du terreau dans le trou de plantation ?
Un peu de compost mûr ou d’amendement organique peut améliorer une terre pauvre, mais le terreau seul ne doit pas remplir le trou. Les racines doivent s’adapter au sol du jardin. Mélangez les apports à la terre extraite et ameublissez les abords afin de ne pas créer une poche trop différente autour de la motte.
Le corossolier ne tolère ni gel ni hiver frais. Dans un jardin tropical ou durablement chaud, son implantation se prépare : plant adapté, drainage, arrosage régulier et pollinisation conditionnent la production de fruits.
En pleine terre dans les régions aux hivers modérés ou en pot à rentrer avant le gel, l’hibiscus demande surtout la bonne variété, du soleil et un arrosage suivi. Voici comment le planter, le tailler et favoriser une floraison durable.
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