Faut-il désactiver la localisation en arrière-plan sur son smartphone : batterie et vie privée
Une application de retouche photo qui demande un accès permanent à la localisation n'a généralement aucune raison légitime de le faire en arrière-plan.
Le réflexe de fermer toutes ses applications pour préserver la batterie repose sur une idée dépassée. Voici ce qui consomme vraiment sur un smartphone récent.
Faire défiler l’écran des applications ouvertes et les fermer une à une, par réflexe, avant de ranger le téléphone : le geste est devenu presque automatique pour beaucoup d’utilisateurs. Il repose pourtant sur une idée dépassée depuis plusieurs générations de systèmes d’exploitation. Sur un smartphone récent, ce geste n’économise généralement rien, et peut même, dans certains cas, consommer davantage.
Sur d’anciens systèmes, une application non fermée pouvait continuer à s’exécuter activement en arrière-plan, consommant réellement mémoire et énergie. Le réflexe de fermeture systématique avait alors une justification technique réelle.
Les systèmes d’exploitation modernes fonctionnent différemment. Une application que vous quittez sans la fermer explicitement passe dans un état suspendu : son activité est gelée par le système, sa consommation d’énergie devient proche de zéro, et elle reste simplement en mémoire pour permettre une réouverture instantanée.
Fermer une application ne se contente pas de la retirer de cette liste : elle force le système à décharger complètement son état de la mémoire. À la prochaine ouverture, l’application doit redémarrer depuis zéro plutôt que de reprendre là où elle était suspendue.
Ce redémarrage complet sollicite le processeur davantage qu’une simple reprise depuis l’état suspendu. Fermer et rouvrir fréquemment ses applications au cours d’une même journée peut donc, paradoxalement, consommer plus d’énergie que de les laisser suspendues sans y toucher.
| Action | Effet sur la mémoire | Effet sur la batterie |
|---|---|---|
| Quitter l’application sans la fermer | Passage en état suspendu, activité gelée | Consommation proche de zéro |
| Fermer manuellement l’application | Déchargement complet de la mémoire | Aucune économie immédiate |
| Rouvrir une application fermée | Redémarrage complet depuis zéro | Sollicitation plus importante qu’une reprise |
| Rouvrir une application suspendue | Reprise instantanée de l’état précédent | Sollicitation minimale |
Le temps passé à gérer manuellement les applications ouvertes serait mieux investi sur des réglages qui ont un effet réel et mesurable :
Ce geste garde une utilité réelle dans une situation précise : une application identifiée comme bloquée, qui ne répond plus, ou repérée dans les paramètres de batterie comme anormalement gourmande malgré une utilisation limitée. Dans ce cas, la fermer et la rouvrir peut résoudre un dysfonctionnement ponctuel.
Pour les personnes qui s’interrogent sur l’entretien global de la batterie, notre guide sur la charge à 80 % plutôt qu’à 100 % détaille les habitudes qui ont, elles, un effet réel et documenté sur la durée de vie de la batterie.
Les deux grands systèmes gèrent les applications suspendues selon une logique proche, avec quelques nuances utiles à connaître :
Le réflexe de fermeture des applications s’accompagne souvent d’autres habitudes dont l’utilité réelle mérite d’être vérifiée :
Ces habitudes, comme la gestion manuelle des applications, viennent souvent d’une compréhension datée du fonctionnement des smartphones modernes. Les repères détaillés dans notre guide sur la durée de vie de la batterie d’un ordinateur portable abordent, pour un autre type d’appareil, les mêmes questions de gestion réaliste de la batterie.
Deux logiques opposées pour la gestion des applications ouvertes sur un smartphone.
Fermer systématiquement
Laisser le système gérer
Notre arbitrage, Laisser le système gérer les applications reste la meilleure option sur un appareil récent. Fermer manuellement ne se justifie que pour une application précise identifiée comme problématique, pas comme un geste d'entretien systématique.
Cette idée vient d'une époque où les systèmes d'exploitation géraient moins bien la mémoire, et où une application non fermée pouvait effectivement continuer à consommer des ressources en arrière-plan. Les systèmes iOS et Android récents suspendent automatiquement l'activité des applications inactives, ce qui a rendu ce réflexe largement obsolète.
Oui, dans la majorité des cas. Rouvrir une application fermée force le système à la recharger entièrement en mémoire, un processus plus gourmand en ressources que de simplement la réafficher depuis un état suspendu. Fermer et rouvrir fréquemment ses applications peut donc consommer davantage que de les laisser en pause.
La luminosité de l'écran, l'usage de la localisation en continu, la fréquence des notifications push et la qualité du réseau (une zone de faible réseau pousse le téléphone à consommer plus pour maintenir la connexion) ont un effet nettement plus mesurable que la gestion manuelle des applications ouvertes.
Les paramètres de batterie du téléphone, disponibles sur iOS comme sur Android, affichent la consommation réelle par application sur les dernières 24 heures ou les derniers jours. Cette information est bien plus fiable qu'une impression générale et permet d'identifier les applications réellement problématiques plutôt que de fermer tout un ensemble sans discernement.
Cela reste utile dans un cas précis : quand une application identifiée dans les paramètres de batterie consomme anormalement, ou quand elle semble bloquée ou ne répond plus. En dehors de ces situations, fermer une application qui fonctionne normalement n'apporte aucun bénéfice d'autonomie.
Une application de retouche photo qui demande un accès permanent à la localisation n'a généralement aucune raison légitime de le faire en arrière-plan.
Les téléphones récents proposent tous un réglage qui arrête la charge autour de 80 %. Le gain sur la durée de vie de la batterie est réel, mais il se joue moins sur le pourcentage affiché que sur la chaleur et le temps passé à pleine charge.
Activer un VPN en permanence sur tous ses appareils, sans distinguer les situations où il apporte réellement quelque chose, reste une habitude plus coûteuse qu'utile au quotidien.
Un smartphone qui fonctionne encore n'est pas toujours un smartphone à garder : l'arrêt des mises à jour de sécurité pèse souvent plus que l'état de la batterie.