Loi Hamon : résiliation d’une assurance loyers impayés : quelles démarches pour un contrat GLI ?
Un bailleur particulier peut, sous conditions, résilier son assurance loyers impayés à tout moment après un an grâce à la loi Hamon. Voici comment vérifier ce droit, envoyer une demande valable et préserver la couverture du logement.
Par La rédaction de Repères•
Mis à jour le •11 min de lecture
Un homme consulte des documents sur une table en bois, près de clés et d’un stylo Illustration produite en interne
Vous souhaitez arrêter votre garantie loyers impayés parce que son prix augmente, que votre locataire paraît fiable ou que vous avez trouvé une offre plus adaptée. Le premier réflexe consiste souvent à attendre l’échéance annuelle. Ce n’est pas toujours nécessaire : la loi Hamon permet, dans certains cas, de mettre fin à une assurance à tout moment après la première année.
Une assurance loyers impayés, ou GLI, n’ouvre toutefois pas automatiquement ce droit à tous les bailleurs. La nature du souscripteur, le caractère professionnel ou non de l’activité locative et la reconduction du contrat comptent. Une résiliation mal calée peut aussi créer une période sans garantie, au moment où un impayé survient. Voici la marche à suivre pour résilier proprement et décider si un remplacement est pertinent.
La loi Hamon s’applique à une GLI sous des conditions précises
La résiliation dite « Hamon » est prévue par l’article L. 113-15-2 du Code des assurances. Elle vise les contrats d’assurance à reconduction tacite souscrits par des personnes physiques en dehors de leur activité professionnelle. Une fois le contrat âgé d’au moins un an, l’assuré peut le résilier sans frais ni pénalité, sans devoir justifier son choix.
Pour une GLI, le point déterminant est donc moins l’intitulé commercial du contrat que votre situation de souscripteur. Un propriétaire bailleur qui agit à titre privé entre généralement dans le champ du dispositif si son contrat se renouvelle chaque année. En revanche, une société, une SCI souscriptrice ou un bailleur assurant un risque lié à une activité professionnelle ne bénéficie pas automatiquement de cette faculté de résiliation.
Le statut fiscal ou locatif ne tranche pas toujours seul la question. Une location meublée, plusieurs logements ou des revenus locatifs importants ne suffisent pas, à eux seuls, à répondre dans tous les cas. Relisez les conditions particulières, identifiez le souscripteur exact et demandez à l’assureur une réponse écrite si le caractère privé de votre contrat prête à discussion.
Situation du contrat GLI
Résiliation Hamon après un an ?
Solution à privilégier
Personne physique, location gérée à titre privé, contrat renouvelé tacitement
En principe, oui
Notification libre à l’assureur, effet un mois après réception
Contrat souscrit depuis moins de douze mois
Non, pas encore au titre de la loi Hamon
Attendre le premier anniversaire ou examiner un autre motif de résiliation
SCI, société ou activité locative professionnelle
Pas automatiquement
Suivre l’échéance et les clauses contractuelles ; demander confirmation à l’assureur
Contrat sans reconduction tacite ou contrat collectif
Pas nécessairement
Vérifier les modalités de sortie prévues dans les conditions générales
Ne confondez pas la GLI avec l’assurance du logement. La première indemnise le bailleur dans les limites prévues lorsque le locataire ne paie plus, et peut inclure des frais de contentieux ou des dégradations selon les contrats. La seconde protège le bien contre d’autres risques. Les garanties courantes d’une assurance logement ne remplacent donc pas une garantie contre les impayés. Pour situer le rôle de chaque couverture, consultez aussi notre guide sur l’assurance multirisques habitation.
Après douze mois, la résiliation suit une procédure courte et sans préavis annuel
Le délai d’un an commence à la date de souscription du contrat, indiquée dans vos conditions particulières ou votre certificat d’assurance. Il ne faut pas le confondre avec la date d’échéance annuelle. Dès que ce premier anniversaire est passé, vous pouvez envoyer votre demande, même si l’échéance annuelle est encore éloignée.
La résiliation prend effet un mois après la réception de votre notification par l’assureur. Vous n’avez pas à donner de motif ni à joindre la preuve d’un nouveau contrat. La cotisation reste due jusqu’à cette date effective : ne bloquez pas le prélèvement bancaire de votre propre initiative avant d’avoir obtenu la confirmation de résiliation.
Procédez dans cet ordre :
Retrouvez la date de souscription et le numéro de contrat. Vérifiez que douze mois sont bien écoulés et que le contrat est à reconduction tacite.
Contrôlez le souscripteur. Si le contrat est au nom de plusieurs indivisaires, demandez à l’assureur qui doit signer. En pratique, une demande cosignée évite une contestation.
Choisissez un envoi traçable. La lettre recommandée avec avis de réception reste la solution la plus simple à prouver. Un espace client sécurisé, une résiliation en ligne proposée par l’assureur ou un courrier électronique recommandé peuvent aussi fournir une trace utile.
Citez la loi et demandez une confirmation. Mentionnez l’article L. 113-15-2, votre volonté non équivoque de résilier et votre adresse pour le remboursement éventuel.
Conservez les preuves. Gardez une copie du message, la preuve de réception et la réponse de l’assureur.
Notez la date de fin de garantie. Elle servira à organiser le remplacement du contrat ou à assumer consciemment l’absence de GLI.
L’assureur ne peut pas exiger un préavis de deux mois lorsque vous utilisez valablement la loi Hamon après la première année. Ce préavis correspond à la résiliation classique à l’échéance annuelle ; il ne s’applique pas à ce mécanisme.
Une lettre claire suffit pour demander la fin du contrat GLI
Votre courrier n’a pas besoin d’être long. Il doit surtout permettre d’identifier le contrat sans ambiguïté et de prouver le fondement de votre demande. Adressez-le à l’assureur désigné dans les conditions générales. Si vous êtes passé par un courtier ou un administrateur de biens, vérifiez s’il dispose d’un mandat de gestion de la résiliation ; à défaut, écrivez directement à la compagnie.
Vous pouvez reprendre ce modèle et l’adapter :
La loi prévoit que l’assureur rembourse la portion de prime ou de cotisation payée d’avance pour une période qui ne sera plus couverte. Ce remboursement doit intervenir dans les trente jours suivant la date de résiliation. Si vous payez mensuellement, le montant à restituer peut être nul ou faible selon le jour de prélèvement. Si vous avez payé l’année entière, un remboursement au prorata est plus probable.
Vérifiez néanmoins les éventuels frais distincts de la prime, par exemple ceux facturés par un intermédiaire. La résiliation Hamon interdit les frais et pénalités de sortie du contrat d’assurance éligible, mais elle n’efface pas mécaniquement une prestation de courtage déjà accomplie ou une dette antérieure. En cas de désaccord sur une somme, réclamez d’abord le détail écrit du calcul.
Changer de GLI exige de vérifier la reprise du locataire en place
Résilier une GLI pour souscrire moins cher peut sembler évident. Or un nouveau contrat ne garantit pas la reprise immédiate d’un locataire déjà installé. Chaque assureur applique ses propres règles d’acceptation : niveau et nature des revenus, taux d’effort, justificatifs, solvabilité, ancienneté du bail, absence d’impayé ou de litige à la souscription.
Certains contrats acceptent un locataire en place seulement si les loyers ont été réglés régulièrement pendant une durée définie. D’autres demandent un dossier aussi complet que pour une nouvelle location. Des exclusions, plafonds d’indemnisation, franchises ou délais avant prise en charge peuvent aussi différer sensiblement. Un tarif inférieur ne compense pas nécessairement une protection plus étroite.
Avant d’envoyer votre lettre de résiliation, demandez au nouvel assureur une confirmation écrite sur quatre points :
l’acceptation expresse du locataire actuel et du montant de loyer déclaré ;
la date de prise d’effet de la couverture ;
l’existence d’une carence, d’une franchise ou d’une exclusion pour un bail en cours ;
les garanties incluses au-delà des loyers impayés : contentieux, vacance, dégradations, frais annexes.
Ne faites pas se chevaucher deux contrats sans raison. Une double assurance n’autorise pas une double indemnisation d’un même impayé. À l’inverse, évitez un trou de couverture : si le nouveau contrat démarre plus tard que l’ancien ne finit, les impayés dont le premier défaut survient entre ces deux dates risquent de ne relever d’aucune garantie.
Avant un an, l’échéance annuelle et certains événements restent utilisables
Avant le premier anniversaire, la loi Hamon ne permet pas la résiliation libre. Vous n’êtes pas pour autant obligé de subir le contrat sans examiner les autres portes de sortie.
La voie habituelle est la résiliation à l’échéance annuelle. Le préavis légal ordinaire est de deux mois avant cette échéance, sauf disposition plus favorable du contrat. L’assureur doit également vous informer de la date limite de résiliation dans son avis d’échéance, dans les conditions prévues par l’article L. 113-15-1 du Code des assurances pour les contrats concernés. Si cet avis arrive trop tard, vous disposez en principe d’un délai supplémentaire de vingt jours à compter de son envoi. S’il n’est pas envoyé, la résiliation peut être demandée après la reconduction. Vérifiez les dates sur l’enveloppe ou dans l’espace client, car elles servent de preuve.
D’autres motifs peuvent exister, mais ils dépendent du fait survenu et des clauses : disparition du risque après la vente du logement, modification du risque, refus par l’assureur de réduire une cotisation après une baisse du risque, ou hausse de cotisation dans les conditions prévues au contrat. La vente d’un logement, par exemple, ne produit pas nécessairement les mêmes effets selon la manière dont la GLI est structurée. Prévenez l’assureur rapidement et demandez la procédure applicable à votre contrat.
Moment ou situation
Démarche possible
Point à contrôler
Contrat éligible de plus d’un an
Résiliation Hamon à tout moment
Prise d’effet un mois après réception
Approche de l’échéance annuelle
Résiliation ordinaire
Préavis et date limite inscrits au contrat ou à l’avis d’échéance
Avis d’échéance reçu tardivement
Délai complémentaire issu de l’information d’échéance
Date d’envoi de l’avis et délai de vingt jours
Vente ou disparition du risque
Signalement de l’événement à l’assureur
Clause concernée et justificatif demandé
Hausse tarifaire ou changement de risque
Vérification du droit contractuel ou légal
Nature exacte de la hausse et délai de contestation
Si votre contrat a été souscrit pour une activité professionnelle ou au nom d’une personne morale, fiez-vous d’abord aux conditions générales et particulières. Une réponse écrite du service résiliation permet d’éviter de vous croire libéré alors que le contrat court encore.
La fin du contrat ne règle pas automatiquement un impayé déjà né
La date d’apparition du premier impayé est essentielle. Une résiliation effective ne devrait pas effacer, par elle-même, les droits nés d’un sinistre survenu alors que le contrat était encore en vigueur. Mais la déclaration, les relances, la mise en demeure et la remise des pièces doivent souvent respecter des délais précis prévus par la GLI.
Si un locataire a déjà cessé de payer, ouvrez ou poursuivez le dossier avant de résilier. Conservez le bail, l’état des lieux, les justificatifs de solvabilité ayant servi à l’adhésion, le décompte des sommes dues, les échanges avec le locataire et les preuves de relance. Demandez ensuite à l’assureur de confirmer par écrit la poursuite de l’instruction et les obligations qui restent à votre charge.
Ne résiliez pas pour impayé un contrat en espérant que cela fera disparaître une déclaration déjà tardive ou un dossier incomplet. Les règles de prise en charge restent celles applicables à la date du sinistre. En cas de litige sur la garantie, utilisez d’abord la réclamation écrite de l’assureur, puis le médiateur compétent si la voie amiable échoue. Pour une situation contentieuse, un avocat, un juriste ou une association spécialisée peut examiner les pièces et les délais utiles.
Que faire maintenant pour résilier sans mauvaise surprise
Commencez par sortir vos conditions particulières et relevez trois informations : la date exacte de souscription, le nom du souscripteur et la date d’échéance. Vérifiez ensuite que votre GLI est bien reconduite tacitement et qu’elle couvre une location gérée en dehors d’une activité professionnelle. En cas de doute, demandez à l’assureur si l’article L. 113-15-2 s’applique à votre contrat ; conservez sa réponse.
Si le contrat a plus d’un an et que vous êtes éligible, envoyez dès maintenant une notification traçable avec le modèle ci-dessus. Inscrivez dans votre agenda la date de réception puis la date de fin de garantie un mois plus tard. Contrôlez enfin le remboursement du trop-perçu dans les trente jours qui suivent cette date.
Si vous changez d’assureur, ne donnez pas votre résiliation avant d’avoir reçu l’acceptation du nouveau contrat pour le logement, le loyer et le locataire actuels. Si vous décidez de rester sans GLI, mesurez le risque financier que vous choisissez d’assumer : la décision est alors volontaire, et non la conséquence d’un simple oubli de calendrier.
Résiliation Hamon ou résiliation à l’échéance : quelle voie choisir ?
Le bon mécanisme dépend avant tout de l’âge du contrat et de votre éligibilité en tant que bailleur particulier.
Loi Hamon
Possible après un an de contrat éligible à reconduction tacite.
Aucun motif à fournir et aucun préavis annuel à respecter.
Effet un mois après réception de la demande par l’assureur.
Adaptée si vous voulez changer de GLI hors période d’échéance.
Échéance annuelle
Utilisable lorsque la loi Hamon ne s’applique pas ou avant la première année.
Préavis ordinaire généralement fixé à deux mois avant l’échéance.
L’avis d’échéance peut ouvrir un délai supplémentaire s’il est envoyé tardivement.
Adaptée aux contrats professionnels, aux sociétés et aux cas exclus du dispositif Hamon.
Notre arbitrage —Choisissez la loi Hamon si votre contrat GLI est reconduit tacitement, a plus d’un an et relève de votre activité privée. Utilisez l’échéance annuelle ou les clauses particulières si vous êtes encore dans la première année ou si le contrat est rattaché à une activité professionnelle.
Questions fréquentes
Puis-je résilier ma GLI par la loi Hamon si je possède plusieurs appartements ?
Le nombre de logements ne suffit pas à exclure le dispositif. Il faut surtout vérifier que vous êtes une personne physique, que le contrat est reconduit tacitement et qu’il couvre un risque en dehors d’une activité professionnelle. Quand votre situation locative est structurée ou ambiguë, demandez une confirmation écrite à l’assureur avant d’invoquer l’article L. 113-15-2.
Dois-je attendre la date d’échéance annuelle pour résilier une assurance loyers impayés ?
Non, si la loi Hamon s’applique et que votre contrat a dépassé son premier anniversaire. Vous pouvez notifier la résiliation à n’importe quel moment. La couverture s’arrête un mois après la réception de votre demande. Avant un an, l’échéance annuelle ou un motif particulier prévu par la loi ou le contrat restent les voies habituelles.
Puis-je arrêter les prélèvements dès l’envoi de ma lettre de résiliation ?
Non. L’envoi de la demande ne met pas fin immédiatement au contrat : la garantie et la cotisation courent encore pendant un mois après sa réception par l’assureur. Révoquer le prélèvement trop tôt peut créer un incident de paiement et compliquer votre dossier. Attendez la confirmation et vérifiez ensuite le remboursement du trop-perçu éventuel.
Le nouvel assureur peut-il résilier mon ancienne GLI à ma place ?
Rien ne l’y oblige, car l’assurance loyers impayés est facultative. Cette facilité de délégation concerne surtout certaines assurances légalement obligatoires. Pour une GLI, envoyez vous-même la résiliation à l’ancien assureur. Le nouvel assureur peut vous aider sur le calendrier, mais demandez-lui ce qu’il prend réellement en charge.
Un impayé déclaré avant la résiliation reste-t-il couvert ?
En principe, la résiliation n’efface pas automatiquement un sinistre né alors que le contrat était en vigueur. Mais la garantie dépend des conditions applicables, notamment des délais de déclaration et des pièces demandées. Si un impayé existe déjà, déclarez-le et demandez une confirmation écrite du suivi du dossier avant de mettre fin au contrat.
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