mercredi 5 août 2026 Chaque semaine, des repères clairs pour choisir, réparer, cuisiner, voyager et décider sans se tromper.
Repères.

12 Santé & Bien-être

Qu’est-ce que la sédentarité ?

Rester longtemps assis n’est pas simplement manquer de sport. La sédentarité désigne des périodes d’éveil très peu dépensières. Repérez-les, comprenez leurs effets possibles et installez des pauses actives réalistes, même si vous partez de loin.

Par La rédaction de Repères Mis à jour le 9 min de lecture
Une personne assise au sol tient deux tablettes devant une table encombrée de pâtisseries et d’appareils électroniques
Une personne assise au sol tient deux tablettes devant une table encombrée de pâtisseries et d’appareils électroniques

Vous pouvez avoir l’impression de ne jamais vous arrêter et pourtant passer une très grande partie de la journée assis : devant un ordinateur, dans les transports, pendant les repas, puis devant une série. Ce temps s’additionne sans bruit. Il ne dépend pas seulement de votre motivation ni de votre inscription à une salle de sport.

La sédentarité est un comportement courant, mais elle n’est pas une fatalité. L’objectif n’est pas de vous imposer une performance sportive ni de culpabiliser à chaque moment passé sur une chaise. Il s’agit de repérer les longues périodes d’immobilité et de les couper par des gestes assez simples pour tenir dans votre vraie journée.

La sédentarité correspond au temps éveillé passé très immobile

La sédentarité désigne les périodes d’éveil pendant lesquelles vous êtes assis, allongé ou incliné, avec une dépense d’énergie très faible. Travailler devant un écran, conduire, regarder la télévision, lire longtemps dans un fauteuil ou faire défiler son téléphone au lit en font partie. Le sommeil, lui, n’est pas compté comme du temps sédentaire.

Le mot est parfois employé à la place de manque d’activité physique, alors que les deux notions sont différentes. Une personne peut faire une séance de natation le soir et rester assise neuf heures dans la journée. Elle est physiquement active à ce moment précis, mais sa journée comporte aussi beaucoup de sédentarité. À l’inverse, une personne qui se déplace souvent, travaille debout et jardine peut peu pratiquer de sport structuré sans rester longtemps assise.

La station debout immobile n’est pas équivalente à une promenade. Elle rompt toutefois la position assise et peut constituer une transition utile. L’idéal est de varier : vous lever, marcher quelques pas, changer d’étage, effectuer une tâche ménagère ou vous déplacer pendant un appel. Les mouvements modestes comptent lorsqu’ils sont répétés.

Votre journée révèle souvent deux ou trois longues périodes assises

Le temps sédentaire n’est pas seulement celui du bureau. Chez beaucoup d’adultes, il se concentre dans quelques blocs prévisibles : trajet, travail sur écran, repas prolongé, soirée devant les contenus numériques. Les identifier est plus efficace que de vouloir être actif en permanence.

Pendant trois journées représentatives, dont si possible une journée sans travail, notez simplement les moments où vous êtes resté assis plus longtemps que prévu. Nul besoin d’application ou de montre connectée. Une note sur papier suffit. Relevez l’heure de début, la raison et ce qui aurait pu vous faire vous lever naturellement.

Moment de la journéeBloc assis fréquentAlternative réalisteDéclencheur à utiliser
Début de travailConsultation des courriels et réunionsSe lever entre deux tâches ou marcher pendant un appel sans caméraFin d’une réunion ou envoi d’un courriel
Pause déjeunerRepas suivi du téléphoneFaire quelques minutes de marche avant de se rasseoirFin du repas
Retour à la maisonTransport puis canapéDescendre un arrêt plus tôt ou ranger quelques affaires avant l’écranArrivée au domicile
SoiréePlusieurs épisodes ou jeuxSe lever entre deux épisodes et aller chercher un verre d’eauGénérique ou publicité

Ne cherchez pas immédiatement à chiffrer chaque minute. Commencez par trouver vos deux blocs les plus longs. Demandez-vous ensuite : est-ce un temps inévitable, compressible ou interrompable ? Une visioconférence de deux heures peut être incontournable ; vous pouvez en revanche vous lever avant, après ou durant une séquence où vous n’avez pas à prendre de notes.

Les effets dépendent surtout de l’accumulation et du contexte de santé

Rester assis de façon prolongée peut d’abord se faire sentir très concrètement : sensation de raideur au dos ou aux hanches, inconfort dans la nuque, jambes engourdies, baisse d’attention en fin de journée. Ces sensations n’ont pas une cause unique. L’ergonomie du poste, le sommeil, le stress, une douleur existante et le niveau d’activité global entrent aussi en jeu.

Sur le long terme, une sédentarité importante fait partie des comportements associés à une moins bonne santé cardiométabolique. Lorsque les muscles restent peu sollicités pendant de longues heures, l’organisme a moins d’occasions de bouger, de maintenir la force musculaire et de réguler certains mécanismes liés notamment au sucre et aux graisses dans le sang. Le risque ne dépend jamais d’un seul facteur : alimentation, tabac, sommeil, antécédents, âge, stress et activité physique totale comptent également.

La sédentarité peut aussi entretenir un cercle peu favorable. Plus vous bougez peu, plus certains déplacements ordinaires semblent pénibles ; vous les évitez alors davantage. Rompre ce cercle par de très courtes séquences est souvent plus réaliste qu’attendre de retrouver d’un coup une grande forme.

Il n’existe pas de posture parfaite à conserver toute la journée. Le changement de posture et les déplacements réguliers sont plus utiles que la recherche d’une immobilité idéale. Un fauteuil bien réglé améliore le confort, mais ne remplace pas les pauses.

Faire du sport aide, sans annuler les heures passées assis

L’activité physique et la réduction de la sédentarité sont deux leviers complémentaires. Une marche soutenue, une séance de vélo, du jardinage dynamique ou un cours collectif sont bénéfiques. Pourtant, une séance le soir ne rend pas neutre une journée entière sans interruption. À l’inverse, se lever souvent ne remplace pas une activité qui fait travailler le souffle, le cœur et les muscles.

Les repères de santé publique couramment utilisés chez l’adulte évoquent chaque semaine entre 150 et 300 minutes d’activité d’intensité modérée, ou un volume plus court d’activité intense, ainsi que du renforcement musculaire au moins deux jours. Ce sont des repères généraux, non un test à réussir. Si vous êtes très peu actif, une marche courte et régulière est un point de départ valable. Vérifiez avec votre médecin ou un professionnel compétent ce qui convient à votre état de santé.

LevierExemple concretCe qu’il apporteCe qu’il ne remplace pas
Interrompre la position assiseSe lever, marcher dans le logement, aller remplir une gourdeDavantage de changements de posture au fil de la journéeUne activité qui améliore progressivement l’endurance et la force
Activité du quotidienMarcher pour une course, prendre les escaliers, bricolerDes occasions de bouger intégrées à la routineDes pauses si le reste de la journée demeure sans interruption
Activité physique planifiéeMarche rapide, vélo, danse, natation, renforcementUn travail plus soutenu du souffle et des musclesLa variété des mouvements dans les heures hors séance

Ne raisonnez donc pas en compensation. Le bon réflexe est double : prévoir un moment actif dans la semaine et réduire les grands blocs immobiles le reste du temps.

Des changements de décor suffisent souvent à faire bouger davantage

La meilleure stratégie est celle qui enlève des obstacles au lieu d’ajouter une contrainte. Préparez votre environnement pour que vous lever soit l’option la plus simple. Placez la gourde, l’imprimante, la corbeille ou le chargeur à quelques pas. Ne gardez pas la télécommande, le téléphone et les collations à portée de main en même temps. Si vous travaillez à domicile, définissez un endroit qui n’est pas votre chaise de bureau pour vos appels courts.

Au travail, testez une ou deux options seulement :

  • bloquez une courte pause entre deux réunions plutôt que de les enchaîner ;
  • levez-vous pour certains appels, quand la tâche le permet ;
  • allez parler à un collègue proche au lieu d’envoyer systématiquement un message ;
  • choisissez les escaliers pour un ou deux étages, selon votre confort ;
  • faites une partie de la pause déjeuner dehors ou dans les couloirs, sans viser une durée parfaite.

À la maison, associez le mouvement à des routines déjà installées : ranger après le repas avant de vous asseoir, vous lever au générique, faire quelques pas en attendant que l’eau chauffe, passer un appel en marchant dans la pièce. Dans les transports, vous pouvez parfois descendre un peu plus tôt, marcher jusqu’à un commerce ou préparer un itinéraire qui ajoute un détour agréable. Ces possibilités varient selon la sécurité, le temps disponible et vos capacités ; ne transformez pas chaque trajet en obligation.

Pour trouver d’autres idées sans vous lancer dans un programme complexe, consultez ces gestes concrets pour rendre le quotidien plus sain et actif. Gardez ce qui vous paraît faisable, pas ce qui vous semble exemplaire sur le papier.

Une habitude durable commence plus petit que prévu

Fixer un objectif trop ambitieux conduit souvent à l’abandon dès la première semaine chargée. Commencez par modifier un seul bloc sédentaire : la première heure de travail, la pause déjeuner ou le début de soirée. Pendant une semaine, gardez le même déclencheur et la même action. Par exemple : après le déjeuner, marcher quelques minutes avant de reprendre l’écran.

Augmentez ensuite une seule chose à la fois : la fréquence des pauses, la distance parcourue ou l’intensité de votre activité. Ne changez pas tout à la fois. Si une journée est très chargée, le minimum peut être de vous lever et de faire quelques pas. Cela maintient le rendez-vous avec l’habitude, sans exiger une performance.

Évitez de suivre uniquement votre poids ou le nombre de calories dépensées. Des indicateurs plus utiles au début sont : le nombre de longues périodes assises interrompues, la facilité à marcher pour une course, votre régularité sur plusieurs semaines ou le confort ressenti après une journée de travail. Ils vous renseignent sur le comportement que vous cherchez réellement à installer.

L’alimentation ne compense pas une immobilité prolongée, mais organiser repas et pauses peut rendre la journée plus régulière. Vous pouvez aussi vous inspirer de ces repères pour manger équilibré lors de journées exigeantes afin de mieux préparer vos pauses, sans en faire une règle rigide.

Que faire dès aujourd’hui pour réduire votre temps assis

  1. Repérez votre plus long moment assis. Choisissez celui que vous pouvez modifier sans désorganiser votre travail ou votre vie familiale.
  2. Décidez d’un signal concret. Par exemple, à chaque fin d’appel ou à chaque changement d’heure, vous vous levez et vous vous déplacez quelques instants.
  3. Préparez le terrain. Éloignez un objet utile, mettez des chaussures faciles à enfiler près de la porte ou programmez un rappel discret.
  4. Ajoutez un déplacement utile cette semaine. Une course à pied, une marche après un repas, un escalier ou un arrêt de transport différent suffisent pour commencer.
  5. Faites le point au bout de sept jours. Si l’habitude tient, conservez-la et ajoutez-en une autre. Si elle ne tient pas, réduisez-la plutôt que de l’abandonner.

L’objectif immédiat n’est pas de ne plus jamais vous asseoir. C’est de faire en sorte que votre journée ne soit plus une succession de longues périodes immobiles. Une pause courte, répétée et adaptée à votre situation vaut mieux qu’un grand projet reporté indéfiniment.

Sédentarité ou inactivité physique : ce qu’il faut corriger

Ces deux situations se recoupent parfois, mais elles ne se combattent pas exactement de la même manière.

Réduire la sédentarité

  • Interrompre les longues périodes assises ou allongées durant l’éveil.
  • Créer des occasions de se lever, marcher et changer de posture.
  • Agir au travail, dans les transports et pendant les loisirs sur écran.

Augmenter l’activité physique

  • Prévoir des activités qui sollicitent davantage le souffle et les muscles.
  • Intégrer marche soutenue, vélo, natation, danse ou renforcement selon ses possibilités.
  • Progresser graduellement, surtout après une longue période peu active.

Notre arbitrage — Si vous êtes assis longtemps, commencez par ajouter des pauses actives, même si vous faites déjà du sport. Si vous bougez peu dans l’ensemble, ajoutez aussi une activité régulière adaptée à votre condition et demandez conseil à un professionnel de santé si nécessaire.

Questions fréquentes

À partir de combien de temps assis parle-t-on de sédentarité ?

La sédentarité ne commence pas à une durée unique et officielle : elle décrit tout temps d’éveil passé assis, allongé ou très immobile. Le point à surveiller est surtout l’accumulation de longues périodes sans changement de posture. Repérer et interrompre vos deux principaux blocs assis est un début concret, sans avoir à compter chaque minute.

Travailler debout supprime-t-il la sédentarité ?

Travailler debout rompt la position assise, ce qui peut être utile, mais rester immobile debout toute la journée n’est pas l’objectif. Alternez les positions et ajoutez de vrais déplacements. Un poste assis-debout peut être un outil de confort, à condition de ne pas remplacer les pauses de marche par une station debout prolongée et inconfortable.

Une séance de sport le soir suffit-elle à compenser une journée assise ?

Une séance de sport est bénéfique et mérite d’être conservée, mais elle ne rend pas sans effet le fait de rester immobile pendant de très longues heures. Pensez à combiner les deux approches : une activité physique régulière pour le souffle et les muscles, puis des pauses de mouvement distribuées pendant les heures de travail et de loisir.

À quelle fréquence faut-il se lever lorsqu’on travaille sur écran ?

Un repère pratique consiste à rompre la position assise toutes les 30 à 60 minutes environ. Il ne s’agit pas d’une règle à appliquer au chronomètre : adaptez-la à vos réunions et à vos tâches. Une alarme, la fin d’un appel ou un changement d’heure peuvent servir de signal pour marcher quelques pas ou changer de posture.

Comment limiter la sédentarité en télétravail ?

Séparez autant que possible les temps de travail et les pauses, même dans un petit logement. Placez l’eau ou le téléphone hors de portée, levez-vous entre deux réunions et prévoyez une courte sortie à un moment fixe. Évitez aussi de passer directement du fauteuil de bureau au canapé : une tâche domestique ou un tour du quartier crée une transition utile.

Faut-il demander un avis médical avant de reprendre une activité ?

Si vous avez une maladie cardiovasculaire, respiratoire ou articulaire, une douleur importante, une mobilité réduite, un traitement particulier ou une longue période sans activité, demandez conseil à votre médecin ou à un professionnel de santé. Il pourra adapter les mouvements et le rythme de reprise. En cas de symptôme inhabituel pendant l’effort, arrêtez-vous et sollicitez un avis médical.

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